Bon, c’est quoi un néo-nazi ?

Et bien un néo-nazi, c’est une personne qui adhère à une idéologie inspirée du nazisme, le mouvement politique dirigé par Adolf Hitler en Allemagne entre 1933 et 1945. Le nazisme était une idéologie d’extrême droite fondée sur :

  • le racisme et la croyance en une « supériorité » raciale,

  • l’antisémitisme (haine des Juifs),

  • le nationalisme extrême,

  • l’autoritarisme et le rejet de la démocratie.

Une personne néo-nazi reprend ces idées pour les appliquer à notre époque et notre société. Il s’agit d’un projet collectif national consistant à restreindre la liberté d’autres individus, voir de les éliminer de la société selon leur couleur de peau, leur orientation sexuelle, leur religion, leur orientation politique ou leur état de santé.

Et alors, c’est bien ou c’est mal d’être néo-nazi ?

C’est mal. Point. Qui veut tenir la position inverse ?

Le reste, c’est de la flute

On ne peut pas se féliciter de la mort d’une personne de 24 ans, c’est évident. Toutefois vouloir imposer une politique cruelle et mortifère à la société, c’est s’exposer à des résistances.

Résistance politique de partis opposés aux idées nazies.

Résistance médiatique de journalistes et médias désireux d’alerter le public de la dangerosité des idées nazies.

Résistance de la société civile opposée un modèle sociétal criminel pour les personnes qui ne rentrent pas dans le cadre ethnique, biologique, social et/ou politique du nazisme.

Que dire des résistances dans notre pays ?

Au niveau de la résistance politique, l’Assemblée Nationale a très largement cautionné la minute de silence pour un homme mort pour ses idées néo-nazies.

Que l’extrême-droite Rassemblement National joue la carte du martyr issu de leur camp, cela semble logique. Que la droite UMP se cale sur la ligne extrême-droite, on a l’habitude. Ce parti n’a plus aucune colonne vertrebrale et ses dirigeants passent leur temps à courir après le RN depuis Sarkozy. On n’attendait rien de la droite macroniste qui a soutenu la minute de silence et ce n’est pas surprenant de la part d’un parti tenu par un président qui apprécie Pétain et Maurras, a donné dans la répression sanglante lors des manifestations contre la réforme des retraites et Gilets Jaunes.

L’angle choisi par le PS est plus problématique : censé être de gauche (quoiqu’on avait compris avec le quinquennat Holande et l’abandon des classes moyennes et populaires pour valider une politique pro-MEDEF, pro-entreprises côtées en bourse et son amour de la répression policière par l’entremise de Valls), le PS a allumé l’allié qui l’avait sauvé lors des élections législatives de 2024, la France Insoumise. Etre en concurrence avec Mélenchon et ses troupes, c’est normal. Se servir de la mort d’un néo-nazi pour enfoncer encore plus le clou, c’est une erreur stratégique incompréhensible. Le PS se retrouve aligné avec le RN, l’UMP et la Macronie (comme sur les positions économiques votées dernièrement avec le gouvernement Lecornun, tiens donc).

Résistance politique dans notre pays : nulle, 0/10.

Ce qu’il en sortira, c’est le plaisir vachard du PS et d’un Glucksmann en pleine extase contre la France Insoumise. Le grand gagnant est l’extrême-droite RN.

Côté résistance médiatique, il est évident que la fachosphère de l’empire Bolloré a joué sur du velours : tout étant déjà en place avec CNews, Europe 1, Paris Match, Le journal du dimanche, JDMag, etc, il suffisait de continuer de beugler comme des veaux et de se victimiser suite à la mort du néo-nazi, roués de coups au sol, pour gagner les faveurs de leur téléspectateurs déjà bien acquis à leur cause.

La surprise viendra là encore du service public et de son traitement de l’information : on préférera titrer sur France Info « LFI : nouvel ennemi ? » plutôt que « Quentin, néo-nazi ». De nombreuses émissions reprendront cet angle, faire dire à leurs invités et éditorialistes que LFI porte la culpabilité de la mort de ce néo-nazi plutôt que d’informer sur les faits comme une bataille entre 2 groupes, un premier groupe présent pour protéger une eurodéputée et un second groupe venu mettre la pression sur la réunion organisée par Sciences Po. Et que ca tournera au drame, LFI n’ayant rien à voir là dedans.

Ah et puis surtout, parler et afficher des slogans avant d’avoir des pistes énoncées par la Police ou un magistrat en charge de l’affaire. Il fallait surtout occuper le temps d’antenne et fracasser la LFI, peu importe le peu d’information les premières 48h.

Je vous laisse lire le travail d’Arrêt sur image, bien plus compétent que moi pour l’analyse média.

J’ai attendu de mon côté les articles de Mediapart ou Streetpress pour en savoir plus.

Résistance médiatique dans notre pays : faible, 2/10.

Et pour la résistance de la société civile ?

La société civile a bien compris la dangerosité de l’extrême-droite dans son quotidien : arabes, noirs, gays, lesbiennes, personnes trans, juif, musulman, ca fait plus de 40 ans que ces personnes issues des minorités dans notre pays connaissent le danger des groupes néo-nazis, identitaires, fascistes. Ceux qui ne savent pas font semblant de ne pas savoir. Peut être parce qu’ils sont blancs et n’ont jamais eu à penser ce problème dans leur vie au quotidien ou dans l’espace public.

Depuis 1986, 59 morts sont attribuées à l’ultra-droite, contre six à l’ultragauche, selon l’historien Nicolas Lebourg.

Pas besoin d’être un grand chercheur ou expert polItique pour trouver cette information. Elle est sur le site d’information générale 20 minutes.

Alors oui, la société civile a résisté et resisite face aux néo-nazis avec par exemple la création de la Jeune Garde dont les anciens membres sont aujourd’hui au coeur de l’histoire. La Jeune Garde est créée à Lyon en réaction aux violences racistes et homophobes sur leur territoire. Sans violences racistes et homophobes, pas de Jeune Garde.

Là aussi, il faut remettre les faits dans le bon ordre chronologique et définir les termes employés. Ici, on fait pas de révisionnisme, pas de réécriture de l’histoire, pas de fake news et ni de trumpisation des faits.

On peut parler de la mort de Federicu Aramburu assassiné par 2 membres de l’extrême-droite le 19 mars 2022 de 6 balles dans le dos. On peut avoir une pensée pour Clément Méric mort sous les coups de 2 membres de l’extrême-droite le 5 juin 2013.

Et les 57 autres personnes mortes sous la violence de l’extrême-droite.

Résistance de la société civile : on va voir ça dans les semaines, mois et années à venir mais j’ai confiance. De nombreuses associations et structures existent et travaillent au quotidien dans les milieux social, écologique et politique pour un monde meilleur. Il faut continuer d’y croire.

En conclusion

L’histoire est aujourd’hui est malheureuse avec le décès d’un homme qui portait un projet politique raciste, homophobe, violent et antisémite. Il serait intéressant de découvrir son éducation et son parcours l’amenant à tant de haine.

A vivre dangeureusement, en défendant une vie de violence pour les autres, en voulant imposer une société barbare, on s’expose encore à des résistances violentes. Parfois mortelles.

Aucun avis pertinent dans Bon, c’est quoi un néo-nazi ?

Laisser un commentaire

indique des champs obligatoire.